Informations sur le projet de Ouagadougou

« Je suis toujours effarée du peu de connaissance que nous avons les uns des autres, cela vaut pour les deux continents et je pense qu’il est impératif de faciliter les échanges » Katrin Rohde.

Les images peuvent faire tomber les barrières culturelles et linguistiques.

Les images peuvent ouvrir des portes vers d’autres mondes. Elles suscitent la curiosité, permettent une communication directe et s’adressent à l’émotion.
Dans le cadre d’un atelier d’initiation à la photographie numérique, les enfants et adolescents de Ouagadougou (Burkina Faso) ont appris à se présenter par image interposée.
La vie dans les pays du Sud, tel le Burkina Faso, est le plus souvent présentée par les médias occidentaux avec un regard occidental. Les reportages télévisuels ou ceux de la presse écrite montrent un continent en crise, en proie aux guerres civiles, à la corruption et aux catastrophes. Dans le cadre de cette exposition, nous avons l’opportunité de découvrir le quotidien de Ouagadougou vu par les enfants et les jeunes de l’AMPO, selon le principe qui est aussi le nom de notre projet : « Je vois quelque chose que tu ne vois pas ».

La fracture numérique

A une époque où les informations sont devenues des biens économiques, toute une partie du monde, victime de la fracture numérique n’a pas accès à Internet et à l’économie de la connaissance. A l’échelle planétaire, cette fracture recoupe le fossé économique entre le Nord et le Sud. La corrélation entre faible niveau d’éducation, fracture numérique et accroissement de la pauvreté a été au cœur des débats des conférences mondiales sur la société de l’information en 2003 et 2005 à Genève et Tunis. Si les communes africaines pouvaient utiliser Internet pour connaître les cours exacts du marché, elles seraient en mesure de vendre leurs produits au meilleur prix. Sur l’initiative du Président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, un « Fonds de solidarité numérique » a été crée en 2005. Ce fond est soutenu par de nombreux Etats africains. La France, seul pays occidental parmi les membres fondateurs, soutient cette initiative notamment dans le cadre du projet Appui au Désenclavement Numérique (ADEN).
L’Agenda 21 adopté à la suite de la conférence de Rio et le cycle de l’ONU « Education en vue du développement durable » (décennie 2005-2014) visent à développer l’usage des nouveaux médias en favorisant les transferts de compétences du Nord au Sud et insistent sur l’importance de l’apprentissage global : La condition du succès du cycle est l’établissement d’un dialogue interculturel (extrait de la résolution adoptée lors de la 65ème réunion de la commission allemande de l’UNESCO, le 7 juillet 2005).

Déroulement de l’atelier photo.

L’atelier photo a été mené en collaboration avec Pauline Kaboré (éducatrice de l’orphelinat des filles) et Boureima Damiba (éducateur de l’orphelinat des garçons), ainsi que Johannes Neuhoff qui accomplit son service civil à l’AMPO. Six jeunes filles et quatre garçons, tous âgés de 12 à 17 ans, ont pris part à l’atelier : Silga Sandrine (14), Sawadogo Balkissa (12), Poda Nina (17), Kabré Djeneba (16), Balima Adjara (17), Diallo Awa (13), Belem Ernest (15), Guigma Mohamed (17), Zerco Hamed (14) et Bassolé Yannick (15).
Ces enfants vivant à l’AMPO sont, pour certains, traumatisés, ils ont perdu des parents proches dès leur plus jeune âge et ont souffert de sous-nutrition. Malgré des températures atteignant les 40°C, l’absence de climatisation, des difficultés liées aux maladies comme la Malaria, les enfants et les jeunes étaient extrêmement motivés et ont acquis de manière visible, grâce à leurs travaux photographiques, une meilleure confiance en soi. « Nos enfants ne soupçonnaient même pas leur propre potentiel » selon Katrin Rohde.
L’atelier visait à initier les enfants à l’utilisation autonome de l’appareil photo numérique, à la manipulation des cartes mémoire, des chargeurs de batterie, à l’archivage et à la gestion des photos sur ordinateur. Il visait également à leur inculquer les bases de la photographie et des techniques de retouche de la photo numérique sur ordinateur. Les moments les plus marquants ont été la découverte du déclencheur à retardement, des principes élémentaires de l’appareil à lentille de verre, et l’initiation au réglage de la lumière au moyen de réflecteurs. Les enfants ont photographié ce qui leur était cher, ainsi que leurs excursions au marché et à la ferme pédagogique de Tondtenga.
Pauline Kaboré et Boureima Damiba ont reçu une formation à la photographie numérique et au travail de la photo sur PC. Afin que le travail puisse s’inscrire dans la durée, le matériel est resté sur place à l’AMPO ; le projet peut ainsi se poursuivre. Les enfants réalisent actuellement des séries de photographies dont ils ont eux-même choisi les thèmes.

Aperçu du projet et de ses quatre phases.

L’un des objectifs à long terme du projet est l’établissement d’un « dialogue visuel » et interculturel entre l’Allemagne (Schleswig-Holstein) et le Burkina Faso, c’est-à-dire l’un des pays les plus riches et l’un des pays les plus pauvres de la planète. C’est un choix délibéré de faire bénéficier des jeunes défavorisés de l’apprentissage de la photographie et d’en faire les acteurs de ce dialogue, dans la mesure où les projets relevant de l’apprentissage global s’adressent en général à des populations ayant eu accès à l’enseignement supérieur.

1ère partie : Atelier d’initiation et de création numérique et présentation des travaux à l’AMPO.
2ème partie : Exposition des photographies réalisées au Centre Culturel Français Georges Méliès à Ouagadougou et au Centre Culturel Français de Kiel.
3ème partie : Atelier d’initiation et de création numérique avec des jeunes en difficulté du Schleswig-Holstein et exposition des photographies réalisées dans ce cadre.
4ème partie : Mise en commun des travaux burkinabé et allemands par l’intermédiaire d’une plate-forme Internet – qui permettra de comparer les réalités de la vie quotidienne des jeunes dans les deux pays – et organisation de semaines thématiques.

Nous remercions tous ceux qui ont contribué à ce projet : la loterie Bingo !, la Umweltloterie, le Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou et le Centre Culturel Français de Kiel, ainsi que toutes celles et ceux qui soutiennent ce projet et l’ont rendu possible.